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10-03-2010

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Modernisation de la RN 19
le projet est condamné par ses propres incohérences !


Le projet d'autoroute concédée, que le maître d'ouvrage cherche à faire approuver, correspond à une logique d'aménagement dans laquelle les déplacements sont hermétiquement séparés des territoires qu'ils traversent. C'est ainsi que les échangeurs sont réduits au minimum, distants en moyenne de 30 à 40 km.

Les habitants et les élus souhaitent au contraire un axe routier qui "irriguera" les territoires, permettant entre autres la desserte de la zone d'activité de Saint-Geosmes, de la ZI de Chalindrey, et qui ne transformera pas Fayl-Billot en ville morte.

Cette attente est précisément celle d'une voie rapide !
Nous pensons qu'elle peut être réalisable au travers d'un projet au coût raisonnable, qui ne nécessite pas le recours au secteur privé et dont l'exploitation soit assumée par les services de l'Etat (DIR).

Voici la seconde contribution adressée par Fierté-Haut-Marnaise au maître d'ouvrage et au Garant de la concertation.


Deuxième contribution adressée aux organisateurs

de la concertation RN 19 le 23/08/2007



 
   En ce qui concerne  le coût de la construction               
Il est impensable que la construction d'une infrastructure totalement neuve, comme un autoroute, soit d'un coût comparable à celui de la rénovation de la RN 19 existante. Certes, le coût des déviations serait du même ordre, mais en bien des endroits, on bénéficierait du support de l'existant. Le coût et le trouble liés à la définition d'un nouveau tracé, à l’acquisition du foncier nécessaire, et donc aux expropriations, seraient minimisés.
               
Prenons également en compte que la marge d'erreur dans l'évaluation du coût d'une infrastructure neuve est importante et que c'est un coût « plancher » de l'autoroute qui est aujourd'hui annoncé. Un dépassement de 30% du coût initial serait une hypothèse aussi réaliste que raisonnable, soit un surcoût envisageable de 170 millions d’Euros ! 
  

En ce qui concerne  le coût de l'exploitation
               
Pour écouler un trafic qui est actuellement de 6658 véhicules sur la section Sortie de Langres – Haute-Saône, il nous est proposé de disposer de deux axes routiers strictement parallèles. C’est le grand luxe !
               
Il faut savoir que ce niveau de trafic est ridiculement bas (c'est celui d'une « route de campagne », à peine plus que la liaison Langres-Chalindrey), et que ce bas niveau est préoccupant en terme de coût d'exploitation puisqu'on estime à 20.000 véhicules par jour le seuil de rentabilité d'un autoroute.
               
D'où ce double constat : dans notre département trop pauvre pour entretenir ses routes et dans une France surendettée, on s'apprête à réaliser à grand frais un autoroute déficitaire et on s’offre le luxe d'avoir à entretenir 2 routes là où une seule serait suffisante (à condition d'être simplement rénovée).
  

En ce qui concerne  le niveau de service attendu
               
La direction régionale de l'équipement fait valoir qu'un autoroute offrira un niveau de service supérieur à celui d'une voie rapide. Mais sur le site internet « Nouvelle-RN19 », elle précise : « une route express ressemble en bien des points à un autoroute, la gratuité en plus. La différence de vitesse (130 contre 110) n'a qu'un faible impact impact sur les trajets... La route express a pour principaux avantages de permettre des dépassements sécurisés et d'apporter une certaine régularité sur les temps de parcours. » (http://www.nouvelle-rn19.net/projet/route_express.php). 
         
      
C'EST EXACTEMENT CE QUE NOUS SOUHAITONS.
               

A croire qu'au sein de la direction régionale de l'équipement, tout le monde n'est pas convaincu par ce projet autoroutier !
  


En ce qui concerne  les échangeurs
               
C'est la que la concertation fait surgir certains écueils. Les contributions font apparaître la nécessité de créer 6 voire 7 échangeurs sur le tronçon Langres-Vesoul, soit un tous les 10 à
15 kilomètres. Or, l'environnement autoroutier, autant pour des questions de coût que pour des questions de sécurité et d'exploitation, ne se conçoit qu'avec des échangeurs éloignés en moyenne de 30 à 40 kilomètres.               
A nouveau, le site internet « Nouvelle-RN19 » est cruel avec les promoteurs de l'autoroute puisqu'il précise dans son chapitre « Routes express à 2 x 2 vois » : « la route express dispose généralement de diffuseurs/échangeurs plus nombreux qu'une autoroute : en moyenne tous les 10 à
15 km contre 30 à 40 km pour les autoroutes. Elle dessert ainsi plus finement les territoires. ».               

C'EST CE QUE TOUT LE MONDE SOUHAITE.
   

En ce qui concerne  l'attractivité de la concession autoroutière
               
On a bien mis en évidence que les attentes vis-à-vis du projet sont celles d'une voie rapide et non pas d'un autoroute. Le moment venu, lorsqu'il faudra trouver un concessionnaire, les éventuels candidats feront valoir cette contradiction et risquent de se défausser. L'Etat risque de se retrouver seul pour exploiter cet autoroute non-rentable, alors que parallèlement, le département se verra transférer la RN 19. Un gâchis pour les finances publiques !
  

En ce qui concerne  l'égalité devant les charges publique
               
Dans bien des endroits en France, la solution apportée à un problème de déplacement de ce type l'a été par la réalisation d'une voix rapide gratuite et non pas d'un autoroute. C'est notamment le cas de l'A20 de Vierzon à Montauban, de la N88 et l'A75 dans le massif central, de l'A84 entre Caen et Rennes, de toutes les voies rapides de Bretagne, etc...  soit au total de près de
3000 km sur l'ensemble du territoire national.               
* Pourquoi les Hauts-Marnais, eux aussi justiciables d'efforts de l'Etat pour le développement de leur territoire, ne bénéficieraient-ils pas d'une route d'un haut niveau de service gratuite ?
               
* Pourquoi la solution officiellement retenue à l'Est de Vesoul, alors qu'elle serait en totale continuité avec le projet autoroutier Langres-Vesoul, est-elle celle d'une voie rapide gratuite ?
  

Bilan
               
On voit qu'apparaît une convergence entre les besoins formulés par les différents participants au débat : 
 
§         les participants à la concertation souhaitent une infrastructure qui a les caractéristiques d'une voie rapide (échangeurs rapprochés, irrigation des territoires, sécurité...) et non pas celle d’un autoroute ;
§         le maître d'ouvrage promeut un projet d'autoroute qui ne le convainc car contradictoire avec les spécifications techniques autoroutière qu'il contribue lui-même à définir au niveau national (et qu'il expose avec précision sur le site internet « Nouvelle-RN19 ».
§          Par ailleurs le coût du projet est disproportionné par rapport aux besoins, en termes d'investissement mais surtout, en termes d'exploitation. Sa viabilité n'est donc pas assurée (surcoûts, exploitation ultra-déficitaire, difficulté à trouver un concessionnaire, fragilité juridique du fait qu'il induit une inégalité devant les charges publiques).               

LE CHOIX D'UNE VOIE RAPIDE EST CELUI QUI REPOND LE PLUS LARGEMENT AUX ATTENTES ET AUX CONTRAINTES.
               

IL EST LE SEUL VIABLE.
 
Christian Després © 2009
Développement www.menna-france.com